Hand Talk
L’histoire de Hand Talk
Dans une salle d’urgence d’un hôpital de la province nordique d’Alagoas, au Brésil, le docteur Davi Freitas tentait de communiquer avec une fille de 13 ans qui était fort agitée. Personne, incluant la mère de la fille, ne comprenait ce qui se passait, car la fille était malentendante. Soudainement, le Dr Freitas s’est souvenu qu’il pouvait faire appel à Hugo.
Hugo est l’interprète virtuel de Hand Talk, une entreprise sociale brésilienne qui crée de la technologie pour offrir une traduction automatique de la langue parlée en Libras, la langue des signes brésilienne. Avec l’aide d’Hugo, le Dr Freitas a pu comprendre que la jeune fille souffrait d’un terrible mal de tête, lequel s’est avéré un signe précurseur d’hémorragie intracrânienne pour laquelle elle a été immédiatement soignée.
Hugo se retrouve partout au Brésil, des salles d’urgence des hôpitaux, aux classes et aux bars. Avec ses mains délibérément trop grandes et ses expressions faciales complexes et soigneusement conçues, Hugo est un interprète de la langue des signes qu’on peut apporter partout.
Il y a plus de 360 millions de personnes malentendantes dans le monde, dont 10 millions sont au Brésil. Souvent, ces dernières ont de la difficulté à apprendre à lire et à écrire étant donné que ces apprentissages reposent sur la phonétique. Au Brésil, plus de 70 % des personnes malentendantes ont de la difficulté à communiquer dans leur langue maternelle. Fondée en 2012, Hand Talk aide les personnes malentendantes à surmonter les obstacles de communications qui nuisent à leur éducation, à leur inclusion et à leur indépendance.
Hand Talk a reçu huit prix internationaux et régionaux, dont un prix des Nations Unies pour la « meilleure application au monde ». Déjà, plus d’un million de personnes ont téléchargé l’application et Hugo effectue environ six millions de traductions par mois. Comme l’a découvert le Dr Freitas, l’application a le potentiel de sauver des vies en situation d’urgence. Toutefois, l’application a surtout la capacité d’améliorer des vies en aidant les personnes malentendantes à participer activement à la société.
Fundación Construir
L’histoire de Fundación Construir
Après la victoire du président Evo Morales, l’assemblée constituante bolivienne s’est rassemblée le 6 août 2006 dans le but d’ébaucher une nouvelle Constitution nationale. La Fundación Construir a commencé en tant que groupe d’experts embauché par l’assemblée pour la conseiller sur la manière d’intégrer les systèmes juridiques occidentaux et autochtones dans la nouvelle Constitution afin de s’assurer que les nombreux différents groupes nationaux que compte la Bolivie y soient représentés. En permettant un dialogue entre les politiciens, les juges et les communautés autochtones, le groupe a contribué à la création de trois articles historiques reconnaissant les pratiques traditionnelles autochtones en matière de droit et de résolution de conflit.
Ce groupe d’experts est devenu la Fundación Construir en 2008. Depuis, il a continué d’aider les décideurs politiques, les juges et les communautés autochtones à appliquer la vision inclusive de la loi de la nouvelle Constitution afin de créer une Bolivie pluraliste. Construir signifie, de toute évidence, « construire », ce qui n’est pas une tâche facile dans ce pays qui compte 36 langues officielles, 50 nations autochtones et plus de 2 000 systèmes juridiques différents. La Bolivie est un pays polarisé où il est difficile d’atteindre un consensus.
Construir travaille comme groupe de réflexion et comme rassembleur. Il produit de l’importante recherche – comme son répertoire complet des systèmes juridiques autochtones – et sert de lien entre l’État et les communautés autochtones, s’assurant que les meilleures pratiques sont suivies lorsque les autorités travaillent ensemble. Construir offre également des formations dans les communautés autochtones pour garantir leur pleine intégration au sein du système juridique, et forme les juges et d’autres fonctionnaires pour les aider à favoriser le respect envers la justice traditionnelle autochtone.
Construir a également contribué au développement des compétences de centaines de femmes autochtones qui agissent à titre de leaders communautaires en reliant les communautés éloignées aux institutions. Ces femmes ont obtenu le statut juridique de « défenseures de la communauté » et ont été déterminantes dans la lutte contre le trafic humain et la violence faite aux femmes et aux enfants.
Dans un pays qui compte autant de groupes disparates et de défis, le travail de Construir est une poursuite d’équilibre constante. Ses activités sont fondées sur une croyance dans les droits de la personne et sur une vision pluraliste de la justice voulant que celle-ci représente chaque membre de la population diversifiée de la Bolivie.
BeAnotherLab
L’histoire de BeAnotherLab
Tout le monde connaît le vieil adage « On ne peut juger personne avant d’avoir marché un mille dans ses souliers ». Mais comment peut-on le faire exactement?
BeAnotherLab a une réponse à cela. Groupe multinational qui possède un siège social en Espagne et des filiales dans dix pays, BeAnotherLab regroupe des artistes, des scientifiques, des chercheurs, des anthropologues et des praticiens dont l’objectif est de contribuer à la diminution des préjugés implicites et de promouvoir l’empathie. Pour ce faire, ils se servent de la technologie de la réalité virtuelle pour créer une expérience de « personnification » qui donne l’illusion d’être dans le corps d’une autre personne et de voir le monde à travers ses yeux.
Leur projet Machine to Be Another a été appliqué dans les domaines des arts, de la résolution de conflit, de la recherche scientifique, des enjeux sociaux, des soins de la santé et de l’éducation dans divers espaces publics et dans plus de 20 pays. Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2015, les délégués ont pu se voir dans le corps de Nicole Goodwin, une poétesse américaine et vétérane de la guerre d’Iraq, tout en l’écoutant parler du tort que la guerre a causé dans sa vie. Avec l’aide du casque Oculus Rift, des caméras intégrées pour un point de vue subjectif et des mouvements synchronisés, les participants ont même pu changer de sexe. D’autres ont expérimenté la réalité du point de vue d’une personne ayant un handicap physique; de la mère d’un jeune homme noir tué par les policiers; ou d’un réfugié soudanais détenu dans le camp de Holot en Israël. Après cette expérience, les participants se rencontrent pour discuter de ce qu’ils ont vécu et partager leurs histoires.
La priorité actuelle de BeAnotherLab s’appelle Library of Ourselves, un projet à long terme qui aide les participants à mieux se comprendre en comprenant les autres. Travaillant dans des établissements culturels et pédagogiques aux quatre coins du monde, BeAnotherLab offre l’environnement immersif de sa technologie de la réalité virtuelle pour créer du contenu qu’il appelle « un conte incarné ». Le projet Library of Ourselves s’adresse à différents auditoires et a pour but de créer des rencontres entre les communautés en conflit.
Dans un monde où nous sommes souvent divisés par nos différences, BeAnotherLab veut mettre l’accent sur nos expériences humaines communes. Comme l’a dit Philip Bertrand, cofondateur de BeAnotherLab, « Plus que des individus, nous faisons partie d’un vaste système appelé l’humanité. »
ATD Quart Monde
ATD Quart Monde’s Story
En 1956 , le père Joseph Wresinski venait tout juste d’arriver en France pour agir à titre d’aumônier auprès de 250 familles de sans-abri regroupées à Noisy-le-Grand, un camp d’hébergement d’urgence près de Paris. Les conditions dans le camp étaient épouvantables : des cabanes de tôle sur un terrain boueux, quatre pompes à eau pour plus de mille personnes, et des enfants mourant gelés ou brûlés lorsque les systèmes de chauffage de fortune ne fonctionnaient pas.
Lui-même issu d’un milieu pauvre, le père Joseph comprenait les habitants de Noisy-le-Grand. Une des premières choses qu’il a faites fut de remplacer la soupe populaire et la distribution de vêtements d’occasion par une librairie et un jardin d’enfants. Il envoyait ainsi un message clair qui est toujours au cœur du mouvement ATD Quart Monde : les personnes qui vivent dans la pauvreté n’ont pas besoin de pitié et de charité; ils ont besoin de s’impliquer dans la lutte contre la pauvreté. Ils ont besoin d’être entendus par les décideurs.
« Je vous ferai monter les marches de l’Élysée, des Nations Unies et du Vatican », le père Joseph a-t-il promis aux familles de Noisy-le-Grand. Lorsqu’il est décédé en 1987, après avoir passé 30 ans à consolider des alliances et défendre leur cause, il les avait amenés à parler aux plus hautes autorités en France et à des diplomates des Nations Unies. Quant à la visite au Vatican, elle a eu lieu deux ans plus tard.
Le projet de développement communautaire que le père Joseph a commencé à Noisy-le-Grand a grandi pour devenir ATD Quart Monde, une organisation internationale dont le siège social est à Paris et qui est vouée à l’éradication de la pauvreté et à l’autonomisation des personnes les plus désavantagées du monde. ATD signifie Aide à Toute Détresse et, fidèle à son nom, le mouvement a uni des milliers de personnes de toutes affiliations politiques, religieuses, culturelles et socioéconomiques dans 34 pays.
En France, ATD Quart Monde a contribué à intégrer des groupes marginalisés dans la société en apportant des changements à l’échelle structurelle et légale; une composante essentielle du pluralisme. Par exemple, ATD a été déterminante à l’adoption d’un revenu minimum d’insertion pour les gens sans emploi, à la couverture de santé universelle et au droit au logement opposable. La moitié de l’aide sociale en France aujourd’hui découle des actions d’ATD. À l’échelle internationale, ATD Quart Monde est représentée à l’UNESCO et aux Nations Unies.
Sur les terrains boueux de Noisy-le-Grand est né un mouvement international. Aujourd’hui, il unit des individus de cinq continents et de tous horizons dans un travail visant à créer un monde meilleur et sans pauvreté.



Soliya
« Soliya est à l’avant-garde de son domaine – utilisant la technologie pour créer un pont entre les différences pour relier les jeunes et les engager. C’est l’histoire d’un jeune succès qui accroît déjà l’empathie et la compréhension chez ses participants et qui aide une nouvelle génération de leaders à entrer dans le monde en ayant une expérience personnelle directe des valeurs du pluralisme et en étant engagés et aptes à faire face à ses plus grands défis. »
Joe Clark, ancien premier ministre du Canada et président du jury du Prix.
L’histoire de Soliya
Avant l’apparition de Facebook, Twitter et Instagram, deux fondateurs visionnaires ont su reconnaître à quel point le dialogue entretenu dans la sphère numérique pouvait changer le monde – pour toujours.
Soliya, un organisme à but non lucratif 501(c)3 établi à New York, aux États-Unis, a été lancé en 2003 par Lucas Welch et Liza Chambers en réponse à la méfiance croissante au sein de la population après le 11 septembre. Soliya a été à l’avant-garde d’un domaine maintenant appelé l’échange virtuel, rassemblant des jeunes de cultures et continents différents dans des dialogues synchrones en ligne qui inculquent les compétences nécessaires pour développer une pensée critique, faire preuve de curiosité et diriger avec empathie.
Aujourd’hui dirigé par l’administratrice générale Waidehi Gokhale, Soliya utilise l’Exchange Portal, une plateforme de vidéoconférence personnalisée, à travers laquelle son équipe internationale réunit plus de 5 000 jeunes adultes chaque année sous forme de petits groupes diversifiés dans le cadre du programme Connect. Abordant des événements actuels en compagnie d’animateurs formés, les participants des États-Unis, du Canada, de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud et du Sud-Est apprennent que l’identité des personnes est multidimensionnelle. En racontant et en écoutant les histoires d’autres personnes, ils acquièrent une meilleure compréhension d’autrui et renforcent leur empathie.
En dotant les individus de la capacité d’entrer en contact avec la différence, Soliya aide les prochains agents de changement à avoir les difficiles conversations nécessaires pour briser les cycles des préjugés. Les programmes de Soliya aident les participants à éliminer les notions négatives de « l’autre » et à s’épanouir dans la société du 21e siècle. À ce jour, Soliya a travaillé avec plus de 220 établissements d’enseignement supérieur et centres d’apprentissage dans plus de 30 pays et 29 des États des États-Unis en incluant des programmes crédités dans le cadre de cours existants dans de nombreuses disciplines. Cette empreinte continue de croître avec de nouveaux partenariats. L’impact de Soliya a été prouvé par la mesure et l’évaluation de données recueillies en association avec le Saxelab Social Cognitive Neuroscience Laboratory du Massachusetts Institute of Technology; l’Annenberg School of Communication de l’Université de Pennsylvanie; l’Oxford Centre for the Study of Intergroup Conflict de l’Université d’Oxford; et l’University College de Londres.
Près de deux décennies après ses débuts, Soliya s’avère plus pertinent que jamais, alors qu’il aplanit les divisions et bâtit de solides sociétés pluralistes.
La recherche démontre que l’expérience interculturelle vécue durant les années formatrices d’un individu peut mener à des relations empreintes de coopération et de compassion. Toutefois, l’accessibilité est souvent un enjeu. Dans le monde, de nombreux jeunes vivent dans des communautés homogènes et, en raison d’obstacles socioéconomiques, institutionnels, géographiques ou personnels, ont de rares occasions d’entrer en contact avec différents points de vue ou identités. Un échange interculturel significatif peut drastiquement changer les perceptions de la différence.
SINGA
« Dans le cycle des médias d’aujourd’hui, les mauvaises nouvelles sur la migration occultent souvent les histoires positives. La communauté de SINGA propose un regard beaucoup plus optimiste. Les programmes de SINGA ont ouvert des voies vers la relation et l’empathie, et contestent activement la désinformation et la xénophobie à l’égard des demandeurs d’asile. »
Joe Clark, ancien premier ministre du Canada et président du jury du Prix.
L’histoire de SINGA
Et si la migration devenait une histoire de possibilités plutôt que de crise? Et si au lieu de parler de « nous » contre « eux », nous nous tournions vers le potentiel du terme « ensemble »?
Considérez l’histoire de deux hommes. Foday est un comptable de la Sierra Leone. Cyril est un comptable agréé de KPMG France. Les deux hommes apprennent à se connaître. Foday fait du progrès en français alors que Cyril découvre qu’il n’est pas en présence d’un réfugié, mais d’un collègue comptable, d’un expert dans son domaine et, finalement, d’un nouvel ami.
Imaginez Donia, qui a démarré une fructueuse entreprise de traiteur, proposant des mets du monde entier préparés par des femmes de milieux immigrants.
Découvrez Simon, qui a construit un projet de coopérative d’habitations pour les réfugiés et les Français.
En mettant des individus en contact, SINGA contribue à rendre les sociétés plus sécuritaires, pluralistes et créatives, où les réfugiés et les migrants, comme tout le monde, ont un rôle à jouer. SINGA croit que chaque individu a le droit d’appartenir là où bon lui semble. Cela requiert la création d’espaces où les gens peuvent partager des expériences enrichissantes et créer des liens durables et des réseaux professionnels.
SINGA signifie « lien » en lingala, une langue essentiellement parlée dans la République démocratique du Congo. Pour relier les nouveaux arrivants et leur société d’accueil, SINGA, en collaboration avec les populations locales, a lancé une plateforme où les individus et les organisations peuvent offrir des événements et des programmes pour contribuer à aplanir les différences et à réunir les gens.
SINGA a travaillé avec plus de 5 000 réfugiés et 20 000 habitants locaux. Grâce à la mobilisation citoyenne et à la participation d’organisations, le mouvement s’est déployé dans 19 villes européennes, est en voie de le faire dans neuf autres lieux, et dirige huit incubateurs voués à l’innovation dirigée par des migrants. Neuf mois après avoir participé aux programmes de SINGA, la majorité des réfugiés se trouvent un emploi, ont un habitat durable et peuvent communiquer en français grâce à ce nouveau réseau social où ils collaborent, créent et expérimentent la vie dans leur pays d’accueil. Les avantages de ces liens sont loin d’être unilatéraux. Il existe un grand sentiment d’enrichissement des deux côtés, car, et c’est la seule règle de SINGA, les nouveaux-arrivants et les locaux participent ENSEMBLE.
Ces relations transforment l’histoire globale des migrants en Europe, la faisant passer d’une histoire de méfiance à une histoire d’amitié et de sentiment d’appartenance commun. Enfin, les programmes de SINGA déclenchent la créativité et donnent vie à de nouveaux projets et à de nouvelles idées, associations et entreprises.
Les préoccupations à l’égard des mouvements de population massifs ont explosé dans la conscience publique en 2015. Les réfugiés et les migrants du Moyen-Orient et de l’Afrique qui fuient la sécheresse, la pauvreté et la violence ont commencé à arriver sur les côtes européennes. En 2018, la population de réfugiés en France était estimée à 350 000 personnes. La xénophobie s’est répandue dans toute l’Europe. Les nouveaux-arrivants sont représentés par certains médias et politiciens comme des menaces ou des victimes mettant en danger leur société d’accueil ou drainant ses ressources. SINGA a été fondée pour aider à changer les perceptions des réfugiés et des demandeurs d’asile en Europe.
Rupantar
« Le jury a été impressionné par l’approche créative de Rupantar, qui réalise des performances culturelles pour aborder de délicats enjeux sociaux. Rupantar travaille réellement à la base en mobilisant les personnes les plus vulnérables du Bangladesh, y compris les femmes et les jeunes, afin de contribuer à la création d’une vigoureuse démocratie. »
Joe Clark, ancien premier ministre du Canada et président du jury du Prix.
L’histoire de Rupantar
Vêtus de costumes colorés, les artistes changent et jouent des instruments sur une scène extérieure. « Les droits de la personne sont bafoués encore et encore… », chantent-ils, « … pourtant, personne n’en parle ».
Bien que divertissante, la chanson est aussi un appel à l’action pressant le public de revendiquer ses droits et de protéger les populations vulnérables. Ce type de prestation fait partie d’une forme de performance folklorique populaire traditionnelle. C’est également un des nombreux outils utilisés par l’organisme à but non lucratif Rupantar pour aborder de pressants problèmes sociaux au Bangladesh.
Rupantar, qui signifie « transformation », travaille au Bangladesh depuis 1995. L’organisme a été fondé par deux personnes de religion différente qui partageaient une vision commune d’une société juste. Dans un contexte aussi complexe, Rupantar a adopté une approche réellement globale pour encourager le changement social et promouvoir le pluralisme. Ses programmes couvrent cinq volets : la démocratie et l’autonomisation politique, la paix et la tolérance, la gestion des catastrophes et l’adaptation au changement climatique, les droits des enfants et des jeunes, et le dialogue culturel à travers les médias populaires et le théâtre folklorique. Avec un personnel diversifié de 525 personnes, Rupantar est le plus grand organisme de sensibilisation et de mobilisation sociale au Bangladesh.
Rupantar travaille à la base pour habiliter des habitants de populations vulnérables à devenir des agents de changement dans leur communauté. L’organisme réussit particulièrement à mobiliser les femmes et les jeunes leaders. Par exemple, depuis 1998, Rupantar a contribué à mettre sur pied 32 organisations féminines enregistrées auprès du gouvernement, habilitant les femmes à briguer et à remporter des sièges lors d’élections locales. Rupantar a également réussi à mettre en œuvre l’initiative Promouvoir l’engagement et l’action pour contrer l’extrémisme (PEACE), laquelle relie des jeunes de différents groupes sociaux pour promouvoir la tolérance et le pluralisme dans leur communauté. Rupantar a entrepris plus de 200 dialogues religieux lors desquels les musulmans, les hindous et les chrétiens ont élaboré des plans d’action pour combattre l’extrémisme.
Le travail de Rupantar est vaste. Parfois, cela prend la forme d’un dialogue entre dirigeants religieux. D’autres fois, il s’agit d’une chanson folklorique sur les droits territoriaux ou d’une campagne de sensibilisation au changement climatique. Dans un pays aussi complexe, son approche doit être multidimensionnelle. Toutefois, une chose demeure constante : l’objectif de l’organisme visant à mobiliser la population diversifiée du Bangladesh pour établir une paix et une stabilité durables ainsi qu’une démocratie vibrante.
Le Bangladesh est un des pays les plus peuplés au monde et possède une diversité religieuse et ethnique considérable. L’histoire du pays est marquée par des périodes de règne colonial, de pauvreté, de famine, de tensions ethniques, de troubles politiques et de coups militaires. Le Bangladesh continue d’expérimenter un important changement économique et social et affronte de nombreux défis, y compris l’instabilité politique, la corruption et la discrimination. Dans les dernières années, l’instabilité sociale a été exacerbée par de violentes attaques de la part de groupes extrémistes, par des rapports de sévices infligés par des agents du maintien de l’ordre public et par une crise humanitaire causée par l’arrivée d’environ 740 000 Rohingyas en provenance du Myanmar.
OnBoard Canada
« Le Canada est un excellent exemple de pays pluraliste. Toutefois, nous avons encore des difficultés à certains égards. onBoard a contribué à changer l’image du leadership dans ce pays en adoptant une approche qui devrait servir de modèle à d’autres pays qui luttent avec la représentation et l’accès à des possibilités égales. »
Joe Clark, ancien premier ministre du Canada et président du jury du Prix.
L’histoire d’onBoard
Observez les membres des conseils d’administration d’entreprises privées et publiques du Canada et vous remarquerez un décalage persistant avec la composition de la population canadienne. Le Canada est depuis longtemps fier de sa diversité, mais la composition de ses conseils d’administration ne dit pas la même chose.
onBoard Canada a été créée pour aborder cet écart entre les décideurs du Canada et la réalité démographique du pays. onBoard a reconnu qu’il n’était pas suffisant d’être un pays diversifié, mais que le Canada devait également être activement inclusif. Sans une réelle inclusion, comment le leadership canadien pourrait-il un jour profiter de la diversité du pays?
Pour ouvrir la voie vers le leadership, onBoard Canada offre des formations en gouvernance aux participants intéressés ainsi qu’un service de jumelage avec des conseils d’administration aux membres de communautés sous-représentées. onBoard offre également des formations aux secteurs à but non lucratif et public pour aider les dirigeants à reconnaître leur propre privilège et pour leur offrir des outils pour créer des milieux de travail plus inclusifs. En tant que programme de l’École de formation continue G. Raymond Chang de l’Université Ryerson, onBoard Canada effectue de la recherche en partenariat avec l’Institut de la diversité sur le manque de diversité au sein du leadership du Canada.
En aidant les individus sous-représentés à revendiquer un siège à la table des décisions, onBoard Canada s’assure que davantage de Canadiens puissent prendre part aux décisions qui les touchent. Toutefois, les groupes sous-représentés au Canada ne sont pas les seuls bénéficiaires. Les conseils d’administration sont revigorés et renforcés par un vaste éventail de voix et de perspectives.
onBoard Canada a changé la composition des conseils d’administrations d’entreprises privées et d’organisations à but non lucratif dans le Grand Toronto et dans plusieurs villes du pays. onBoard a formé et jumelé des milliers de personnes à des possibilités offertes par des conseils d’administration, et plus de 1 000 personnes ont été élues dans plus de 800 organismes à but non lucratif, agences publiques, conseils et commissions.
En comblant le fossé entre la diversité et l’inclusion dans le leadership canadien, onBoard rehausse les normes en matière de gouvernance moderne. En définitive, le Canada tout entier en profite.
Le Canada est un pays diversifié et de récentes projections démographiques suggèrent que sa diversité ethnoculturelle continuera de croître. D’ici 2031, de 29 % à 32 % de la population du pays sera composée de minorités visibles. D’autres communautés diversifiées au Canada sont également de plus en plus visibles et exigent d’être reconnues et représentées. Des individus de la communauté LGBTQ+ se sentent de plus en plus en sécurité de s’affirmer publiquement; des jeunes veulent participer aux prises décisionnelles; et la Commission de vérité et réconciliation a identifié 94 appels à l’action hautement publicisés pour une réconciliation entre les peuples autochtones et les Canadiens. Toutefois, le leadership ne représente pas cette réalité. En 2017, l’Institut de la diversité de l’Université Ryerson découvre que les minorités visibles occupent 3,3 % des postes au sein des conseils d’administration, une augmentation de moins de 1 % depuis 2014. Bien que les femmes représentent 48 % de la population active, en 2017, elles n’occupent que 14,5 % des sièges des conseils d’administration canadiens au sein des entreprises divulguant ces renseignements.
La Fondation Artemisszió
« Après des années de coupures de financement du gouvernement et d’attaques par les médiats contrôlés par l’État, Artemisszió est une des dernières organisations encore debout qui promeut explicitement le pluralisme en Hongrie. Cette équipe engagée a créé un réseau de Hongrois accueillants qui résistent au sentiment xénophobe et anti-immigrant qui prévaut au pays. »
Joe Clark, ancien premier ministre du Canada et président du jury du Prix.
L’histoire d’Artemisszió
Dix pays européens ont construit des clôtures et des murs le long de leurs frontières. Ensemble, ils sont six fois plus longs que le mur de Berlin. La Hongrie possède actuellement l’une de ces clôtures fortifiées. La Fondation Artemisszió pose la question suivante : si, au lieu de fermer nos frontières, nous nous ouvrions aux nouveaux arrivants?
Depuis sa création en 1998, la Fondation Artemisszió favorise l’inclusion sociale des populations les plus désavantagées de la Hongrie, y compris les jeunes de milieux défavorisés, les femmes roms, les migrants et les réfugiés.
Dans ce contexte de peur et de préjugés, la Fondation Artemisszió propose un modèle alternatif. S’appuyant sur des bénévoles engagés et menant ses activités au sein d’un réseau international, Artemisszió offre des stages, des occasions de bénévolat, du mentorat, de la formation linguistique, de la coopération avec les écoles, des ateliers sur la démocratie et l’alphabétisation médiatique, du soutien pour l’art activiste et plus encore, et ce, afin de favoriser la compréhension mutuelle et de s’attaquer à l’exclusion.
L’indispensable travail d’Artemisszió sur la diversité culturelle est présentement menacé. Le gouvernement hongrois a sévèrement limité les activités des organisations non gouvernementales, le soutien que la Fondation recevait de l’Union européenne a été bloqué et certains de ses contrats professionnels ont été annulés. Par conséquent, l’organisation a dû limiter la formation interculturelle qu’elle offrait aux professionnels de la santé et de l’éducation, aux autorités locales, aux policiers et aux travailleurs sociaux pour les aider à comprendre et à mieux servir les communautés désavantagées. En réponse, Artemisszió s’est attachée à renforcer son programme communautaire. Son réseau Mira relie de nouveaux arrivants et des résidents dans des programmes de mentorat, d’apprentissage linguistique ou d’activités sociales comme des dîners informels, des clubs de cinéphiles et des circuits en ville.
La clôture borde toujours la frontière sud de la Hongrie, mais il y a de l’espoir lorsque des organisations comme Artemisszió utilisent l’innovation et l’optimisme pour lutter contre tout ce que la clôture représente. À travers des décennies d’engagement, Artemisszió s’est bâti un réseau solide et actif d’organisations et d’individus qui s’opposent aux obstacles et elle continuera de travailler sans relâche et avec joie pour une société ouverte et tolérante.
En réponse à une hausse de la migration sans papier en Hongrie en 2015, le premier ministre populiste Viktor Orbán a déclaré une « situation de crise » et a construit une clôture frontalière électrifiée d’une longueur de 170 kilomètres. La rhétorique anti-immigration, propagée par les médias largement contrôlés par l’État, a également augmenté dans un effort de promouvoir une identité nationale fondée sur le christianisme. Dans la dernière année, une loi criminalisant les services et le soutien offerts aux migrants et aux demandeurs d’asile a été adoptée, faisant d’eux une infraction punissable d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an. En août 2018, une taxe de 25 % sur le financement étranger offert à toute organisation « appuyant l’immigration » a été introduite. Le retrait subséquent du financement des partenaires gouvernementaux et européens a eu un impact significatif sur ces organisations.
L’Institut national de musique afghane
« L’Institut national de musique afghane partage un important message de réconciliation, d’unité et de reconstruction. Ses réalisations démontrent comment la musique contribue au pluralisme, favorisant la consolidation communautaire pacifique et interethnique, et ce, en encourageant les étudiants de différents milieux à collaborer en harmonie, littéralement. »
Joe Clark, ancien premier ministre du Canada et président du jury du Prix.
L’histoire de l’Institut national de musique afghane
Dans une cour ensoleillée, une chef d’orchestre se tient devant un groupe de jeunes musiciens. D’un simple coup de baguette, la musique éclate dans les airs. La chanson est dynamique et gaie, et jouée avec une diversité d’instruments afghans et occidentaux par des garçons et des filles. Un groupe de jeunes filles chante : « Je suis une fille, un arbre sous le soleil. Je lutte contre la répression. J’avance avec la connaissance. » Ce concert est organisé en célébration de la Journée internationale de la fille, mais comme toute performance de l’Institut national de musique afghane (ANIM), il célèbre le fait de jouer de la musique, quelque chose que ces enfants n’auraient pas pu expérimenter il y a dix ans.
L’ANIM est le premier institut de musique où les enfants afghans, quels que soient leur sexe, leur ethnie, leur religion et leur condition socioéconomique, sont formés dans un contexte coéducatif en musique afghane traditionnelle et occidentale classique. L’ANIM est particulièrement engagé à soutenir les jeunes les plus désavantagés de l’Afghanistan, à savoir les orphelins et les vendeurs de rue, et à autonomiser les jeunes filles.
Même si l’ANIM a été célébré internationalement, ses succès se mesurent surtout par ses effets sur la vie des gens. Parmi ceux-ci, une enfant qui travaillait dans la rue et qui est devenue le premier violon du tout premier ensemble entièrement féminin de l’Afghanistan; ou une enfant venant d’une des régions les plus éloignées de l’Afghanistan qui est devenue la première chef d’orchestre du pays. À l’échelle sociétale, l’ANIM est devenu un chef de file en promotion d’un renforcement communautaire pacifique et interethnique, car il encourage les étudiants de divers contextes à collaborer en harmonie.
Même s’il n’est plus sous le régime des talibans, l’Afghanistan est toujours un pays divisé qui compte plusieurs ardents détracteurs de la musique et de l’inclusion sociale. Malgré des menaces constantes, l’ANIM défend d’importantes valeurs pour établir une société juste et pluraliste. Comme le dit M. Sarmast, « Nous luttons contre la violence et la terreur avec notre musique. » Ou comme le chante la chorale de l’ANIM, « Les oiseaux chanteront toujours ».
Pendant des siècles, une culture musicale riche et diversifiée a été au cœur de l’Afghanistan. Mais sous le régime brutal des talibans dans le milieu des années 1990, la musique a été complètement bannie et les occasions éducatives, particulièrement pour les femmes, ont drastiquement chuté. Lorsque les talibans sont tombés, Ahmad Naser Sarmast, un musicologue afghan qui avait demandé l’asile en Australie, est retourné dans son pays déterminé à rétablir la musique au sein de la société afghane et à utiliser son pouvoir discret pour transformer des vies dans un pays déchiré par la guerre. Il a fondé l’ANIM en 2010. Aujourd’hui, l’ANIM fait tomber les tabous culturels et crée une nouvelle image de l’Afghanistan tant à l’échelle nationale qu’internationale.
